Qu'est-ce qui caractérise  le palmarès de cette année ? QUEL ASPECT DE lA CRéATIVITé LE JURY A-t-il SOUHAITé PRIMER ?

Il est rassurant de constater que cette année encore, des annonceurs et leurs agences ont su exploiter avec créativité tout ce que peut offrir la communication extérieure. Nous avons vu des campagnes d’affichage « traditionnelles » merveilleusement bien exécutées, impactantes, intelligentes, divertissantes. Mais aussi des dispositifs événementiels ou tactiques extrêmement habiles, se jouant des formats tout en jouant avec le public. Je pense bien évidemment au Grand Prix pour Easy Jet à Bordeaux mais aussi à la campagne Canal + dans les aéroports pour la nouvelle saison du Bureau des Légendes. A travers ce palmarès, nous avons voulu démontrer l’incroyable potentiel de la communication extérieure. Si de très belles choses ont déjà été faites, il en reste encore beaucoup à inventer.
 

Vous aviez souligné une moindre créativité dans le DOOH en 2018. qu'en est-il cette année ? De nouveaux codes commencent-ils à s'imposer ?

La moindre créativité sur les dispositifs DOOH est très liée à un manque de pertinence quant à l’utilisation de ces formats. Mais j’ai le sentiment que nous commençons à mieux appréhender ces dispositifs. Cela va prendre encore un peu de temps mais je suis convaincu que nous verrons de plus en plus de campagnes créatives sachant exploiter au mieux les nombreuses possibilités de ce jeune média. J’aime bien comparer le DOOH au social média. Il a fallu du temps pour s’adapter aux formats proposés par Youtube, Facebook ou Instagram. Mais lorsqu’on a su en saisir les rouages, la grammaire, de plus en plus de très bonnes campagnes ont commencé à voir le jour.

 Les campagnes EN AFFICHAGE ne vivent plus de manière isolées. on remarque de plus en plus d’interactions entre l’Affiche, le mobile ET les réseaux sociaux. quel est votre point de vue sur cette amplification mutuelle ?

Au fond, c’est assez simple. Il suffit d’observer les gens, la façon dont ils agissent et interagissent. Il faut que nos campagnes s’adaptent à eux et non l’inverse. Il est assez intéressant de constater que nous avons primé pas mal de campagnes qui interpellent littéralement les gens, qui s’adressent à eux directement. « Bordelais, le ciel est à vos pieds » en est un parfait exemple. Ou encore la campagne Kiloutou avec ses accroches que seuls des professionnels du bâtiment peuvent comprendre. C’est aussi le cas de la campagne Canal + qui s’adresse à des espagnols, des russes ou des israéliens directement dans leur langue. Se sentir concerné par une campagne ou se faire agréablement surprendre par l’habileté d’une autre, cela donne beaucoup plus envie d’interagir avec les marques et donc d’amplifier leur message.