Nous sommes dans une drôle d’époque dans laquelle des lignes de fracture jusqu’ici considérées comme marginales font trembler des pans entiers de nos organisations sociales, économiques, politiques.

Les Français perçoivent de plus en plus la rupture entre le modèle consumériste hérité des Trente Glorieuses et une société en transition dans laquelle ils peinent à mesurer les impacts des bouleversements annoncés ou en cours (pour eux et leurs enfants).

La nécessaire transformation des comportements installés par une société bâtie sur une doctrine de croissance sans limites chamboule la politique des entreprises, (interpellées sur leur responsabilité sociale), et les stratégies marketing associées.

Et nous, annonceurs et publicitaires, nous retrouvons face à ce paradoxe dont il nous faut bien sortir : vendre mais à quel prix ?

Nos métiers sont de plus en plus associés à un modèle en déroute. Pourquoi activer la consommation à l’heure où de nombreux médias et acteurs de la société civile pointent les dangers d’une hyper consommation qui, in fine, crée davantage d’impacts négatifs sur l’environnement, les filières de production et de frustration pour les consommateurs eux-mêmes …

Bref, comment réagir, nous, qui sommes devenus, aux yeux de beaucoup, les pyromanes du grand incendie de la mondialisation ?

On l’aura compris, le jugement est arbitraire.
 
Nous savons, par ailleurs, combien notre rôle est essentiel pour l’économie des entreprises et l’on a démontré l’effet réel de nos métiers dans le développement économique et la création de valeur qu’elle sait engendrer et partager.

Face à ce paradoxe, nous devons, collectivement, nous interroger la manière de promouvoir une communication responsable, soucieuse de son impact sur l’imaginaire collectif et les comportements qu’elle induit. Une communication qui adresse l’intelligence des citoyens-consommateurs et veille à la sensibilité des publics dans leur diversité. Car nous avons un contrat social avec eux. Le droit de nous afficher au cœur de la cité, dans les médias et dans leur univers digital nous oblige à cette responsabilité.

Il nous faut faire notre révolution culturelle pour mieux entendre les attentes de la société et nous associer à la transition des modèles en cours.

Nous faisons déjà un formidable travail de régulation professionnelle qui encadre le travail publicitaire en association avec les associations de consommateurs, sociales et environnementales. Aujourd’hui, les organisations professionnelles, de leur côté, travaillent à la promotion de meilleures pratiques

L’AAACC (Association des Agences conseil en communication) a lancé, ce 5 juin, avec Afnor Certification, le label RSE Agences Actives qui permet aux agences d’apporter une réponse lisible et cohérente aux donneurs d’ordre du marché sur leurs démarches RSE. Les critères de ce référentiel valident les efforts faits pour  accompagner les collaborateurs dans ce nouveau champ culturel de la communication responsable. Ce sont des clés essentielles pour faire grandir notre secteur en structurant nos démarches de progrès.

Nous vivons une époque de transition. Nous devons en être les passeurs ou nous laisserions passer une formidable chance d’exprimer notre talent et notre efficacité !

Gildas Bonnel