L’intelligence artificielle : hier super star, aujourd’hui une norme fonctionnelle

De stand en stand, de présentation en présentation, l’intelligence artificielle est partout. S’il y a encore quelques années elle portait les plus grands fantasmes, elle est aujourd’hui présentée pour son opérationnalité. Difficile de s’entretenir avec un interlocuteur sans que les deux lettres ne résonnent au cours de la conversation. A peu près « tout » semble doté d’IA : que cela soit dans l’interprétation des données (askr.ai), le reformatage de vidéos (Snatch.Studio), ou encore la génération de langage naturel (YSEOP)… Cette année à Vivatech, les médias ont démontré en toute humilité ce que les IA avaient à offrir dès aujourd’hui, Facebook inclus, sans surpromesses. Et s’il fallait en dégager une tendance c’est bien celle d’une offre fluidifiée par les IA tant dans la production, la diffusion que l’audience.
 

Attention aux dérives de la data

Que cela soit dans le domaine de la mesure d’efficacité ou dans l’aide à la création de programmes, les données sont partout avec des promesses que nous connaissons, notamment dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel.
Cependant, dans un paysage média où tout tend à être mesurable, des dérives pourraient s’installer. Lors de la table-ronde « les défis de l’attention », les expert.e.s se sont accordé.e.s à dire que dans une économie du « snack content » (contenus courts) où tout est mesurable, la tentation d’oublier le temps long et d’installer des marques sur le long-terme est forte. Il faudra donc apprendre à jongler entre ces deux temps dans ses stratégies médias et créatives.
 

 
For Good, for de bon ?

De façon assez surprenante, coté média, le for good a été porté par BNP Paribas en la personne de Bertrand Cizeau, Directeur de la Communication du Groupe, qui s’est imposé en première ligne pour des médias plus responsables assurant que « lorsque l’on parle de données et de publicité, nous adressons des problématiques qui sont tant de l’ordre de l’économie que de la démocratie. Nous devons assurer la confidentialité des données, lutter contre les fake news tout en ne nous excusant pas du modèle publicitaire sur lequel repose l’industrie des médias », avant d’ajouter qu’en tant que banque « notre rôle est de financer les médias et de les aider à grandir. En tant qu’annonceur, notre responsabilité est de correctement rémunérer les éditeurs. La publicité doit être responsable et efficace », affirmait-il sur le stand boisé du Groupe. Et au fur-et-à-mesure des allées les solutions étaient là : Neutralnews, centralise et analyse en temps réel les flux d’articles publiés par plusieurs milliers de sources numériques à travers le monde pour divulguer la « vraie information » bien loin des fake news, tandis que Guiti News offre un regard franco-réfugiés sur les informations, ou encore une solution publicitaire comme Good-Loop permet aux marques et aux audiences de financer des associations locales à travers un format qui se veut « éthique ».

Cette année c’est une forme d’humilité qui ressort du salon. Moins gadget, plus utile, plus humble mais aussi plus censé, le rapport des médias à la tech semble entrer dans un âge de raison.