Technologie : Le drone-vertising à l’assaut des villes !

Alors que Facebook et Amazon entendent dans les deux ans rendre le drone incontournable dans le web et l’e-commerce, la pub s’en sert déjà. Le drone-vertising est en marche, le consommateur doit-il s’en méfier ?
 
Cibler le consommateur en lui apportant la pub par les airs, quelle drone d’idée. Farfelu ou génial, le drone-vertising possède déjà quelques exemples concrets pour défendre son concept. Intrusion pernicieuse dans le quotidien du citoyen ? Oui et non. Comme le phénomène n’en est qu’à ses débuts, autant tout de suite fixer des règles non ?
 
Avec son Connectivity Lab, Facebook ambitionne grâce aux drones, mais aussi aux satellites, de démocratiser le web en le rendant accessible aux régions pauvres qui en sont privées. Nom de code ? Internet.org. De son côté, Amazon devrait avoir fini d’ici fin 2016 son programme de livraison par drone, Prime Air. Sentant le bon filon économique, les estimations annonçant un marché de 90 milliards d’euros dans la prochaine décennie, le gouverneur de l’état nord-américain du Nevada souhaite faire de son état la Silicon Valley du drone.
 
Forcément il ne fallait pas prier la pub pour qu’elle se prenne au jeu et utilise la curiosité pour ce nouveau robot volant comme levier d’engagement. Pour sortir de la masse dans une ville où la publicité n'existe plus, la griffe Camisaria Colombo, a eu l’idée de transformer des drones en véritables V.R.P. ! Pour marquer le coup avant le célèbre "Black Friday" brésilien, auprès de sa cible composée d'hommes d'affaires confinés dans leur haute tour d'Ivoire, la marque a déployé avec son agence Salles Chemistry des objets pour le moins compliqués à identifier. La surprise a dû être de taille quand les personnes ciblées ont levé la tête de leur PowerPoint et se sont retrouvées face à des mannequins volants à la tête en forme de drone et en stationnement devant leur fenêtre !

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« Un engagement respectueux, c’est être là au bon moment sans être intrusif »
 
Cette opération originale montre que l'utilisation du drone est source de bonnes idées et que c'est une arme implacable, ludique et un terreau fertile pour les agences et les annonceurs. Le Drone-vertising fait des émules. Toujours au Brésil, cette fois à Rio de Janeiro, Dove a fait voler des fausses cigognes dans les airs, tenant en leur bec un sac en toile contenant des produits de la marque, dont un lait pour bébé. La cigogne a bien entendu livré le sac aux jeunes mamans et femmes enceintes. En février dernier en Italie, le Flower Council of Hollande faisait tomber des roses de son Cupidrone aux amoureux de Vérone, pour célébrer la Saint Valentin.
 
Au-delà de ces exemples séduisants d’utilisation marketing et publicitaire, la question de l’intrusion se pose et est déjà débattue plus globalement, sur l’engagement et l’influence des marques. « C’est tellement facile aujourd’hui avec la data de savoir qui fait quoi, où et à quelle heure de la journée. Nous pourrions être n’importe où à n’importe quel moment sur n’importe quel support. La question est de savoir quand nous sommes intrusifs ou non. Je pense qu’en général nous avons trop franchi de lignes rouges », avertit Luis de Anda, le président de TBWA/Chiat/Day Los Angeles, interrogé par INfluencia pour la prochaine Revue sur l’influence
 
« L’engagement s’il est utilisé proprement, induit une notion coopérative. Mais nous l’utilisons comme la définition d’une présence constante dans la vie du consommateur. Un engagement respectueux c’est être là au bon moment sans être intrusif. Le monde dans lequel nous vivons permet de ‘’bombarder’’ quelqu’un à n’importe quel moment de sa vie. C’est fou et pas très sain. » A bon entendeur…